Les boissons énergisantes
«
Que penser des “energy drinks” ?
S’agit-il de boissons appropriées à la pratique sportive ? Peut-on en
consommer à l’effort comme on l’entend dire ?»
Les
« boissons
énergisantes »
sont
riches en glucides, caféine, taurine, vitamines et ginseng, mais leur efficacité est douteuse : l’apport de glucides est approprié à la pratique
sportive, mais l’intérêt des autres composants reste à démontrer De plus, ces boissons
gazeuses sont plus difficiles à digérer que les autres on évitera donc de les
consommer à l’effort.
D’où
viennent les
"Energy Drink" ?
Les
« energy
drinks »
ou « boissons énergisantes» se différencient des boissons énergétiques »
dites ‘ (le l’effort », dont elles se distinguent sur le plan de la composition,
tout en jouant auprès du consommateur sur la confusion pouvant exister entre
elles. Elles trouvent leur origine au Japon et à un degré moindre en Thaïlande,
sous forme de sirops aux vertus dynamisantes. En Asie, il s’agit de préparations
supposées dotées de vertus hygiéniques, renfermant des extraits de ginseng, déleuthérocoque
ou d’autres plantes. Cette composition particulière explique qu’on attribue
à ces produits un effet dynamisant ou stimulant, qui
a peu
à peu séduit certains fabricants européens, quand bien même l’efficacité
réelle de tels produits reste ~t
prouver.
À la fin des années 1980, une licence d’exploitation a été concédée à
la marque autrichienne Red Bull, premier produit énergisant appani. Il se présentait
sous la forme d’un soda carbonaté. Red Bull s’est notamment fait connaître
sur le circuit européen des épreuves de ski de fond.
Des
boissons riches en
glucides,
caféine, taurine, vitamines et ginseng...
à
l’efficacité douteuse
Les
boissons énergisantes ont tardé à s’implanter sur le marché français en
raison de l’existence d’une législation et (le normes alimentaires très
strictes, probablement les plus sévères d’Europe. Cette législation présente
l’énorme avantage d’être conçue de façon à protéger le consommateur et
a conduit à un blocage des produits allemands et américains à nos frontières,
notamment en raison de la présence de composés non prévus dans le cadre de
cette loi. Cela ne signifie pas pour autant, évidemment, que ces produits
peuvent mettre la santé du consommateur en péril ; par contre, seuls les
constituants dont l’effet a été dûment démontré peuvent entrer dans leur
composition, ce qui évite toute supercherie. Que trouve-t-on effectivement
dans ces « boissons énergisantes » ?
• Un
mélange de glucides. glucose,
maltose et fructose, cette combinaison étant supposée optimiser
l’assimilation des sucres constitutifs. En fait, aucune étude n’est venue
étayer cette affirmation...
• De la cafeine.
à
des teneurs telles qu’une canette de 25 cl en délivre en moyenne l’équivalent
du contenu d’une tasse de café. L’apport réalisé est supposé influer sur
la
concentration, la disponibilité intellectuelle du consommateur. Qu’en penser?
Certes, l’apport de caféine peut indiscutablement influer sur l’aptitude de
certains individus à récupérer
d’un décalage horaire et à maintenir la vigilance. Mais il n’en va pas
ainsi pour tout le monde, en particulier pour des individus qui se rangent
habituellement parmi les « gros » consommateurs. l’intérêt de la caféine
reste en fait à démontrer.
De
la taurine, qui y figure à raison d’ 1 g par canette. C’est un dérivé
d’acide aminé doté de nombreuses propriétés physiologiques. On lui accorde
des vertus d’antistress « naturel ».
•
Des taux très élevés
de nombreuses vitamines. Leur effet sur le fonctionnement cérébral, en
l’absence de toute carence, demeure très hypothétique et de plus en plus
douteux.
•
Du ginseng, à visée ergogène. Sa teneur trop faible et sa prise isolée
lui ôtent tout intérêt.
Qu’en
est-il de l’efficacité globale de ces produits ? II n’existe aucun argument
scientifique direct confirmant leur intérêt potentiel. Pour le reste, ces
boissons gazeuses, particularité les rendant délicates à digérer, se révéleront
certainement plus difficiles consommer en cours d’effort qu’une préparation
plus classique.