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L'eau minérale

Un sportif a-t-il intérêt à ne boire que des eaux minérales ? Et si c’est le cas, doit-il régulièrement en changer de marque ? 

Les individus ont tendance à boire davantage lorsqu’ils consomment de l’eau embouteillée, ce qui est une bonne chose. De plus, les eaux minérales apportent du magnésium a l’organisme (les autres minéraux n’étant guère assimilés). Gazeuses, elles favorisent la récupération... mais aussi les troubles digestifs; il faut donc en consommer peu à la fois. Et mieux vaut ne pas boire toujours les mêmes eaux minérales. Mais en dehors des cas de récupération et de manque de magnésium, elles ne présentent pas plus d’intérêt que l’eau plate.

 

L’eau minérale se boit plus facilement que celle du robinet

On ne peut pas apporter de réponse univoque à cette question. En effet, l’eau dont nous disposons dans la nature n’est souvent pas directement utilisable pour la consommation humaine, étant insuffisamment pure. De multiples contaminants, parmi lesquels les nitrates et les pesticides se présentent comme les plus dangereux, en imposent le traitement avant usage. Mais les opérations auxquelles elle se trouve soumise ne flattent pas toujours le palais ; certains arrière-goûts peuvent ainsi la rendre imbuvable ou peu appréciée. Des données objectives montrent que ces modi­fications peuvent avoir des répercussions physiologiques insoupçonnées ; on a par exemple constaté que la consommation d’eau des Parisiens atteignait à peine 1,15 litres par jour, ce qui reste très en deçà des 2,5 litres jugés nécessaires. La présence de micro-polluants ou de dérivés chimiques utilisés dans le traitement pourrait expliquer cette « oligodipsie », d’autant que l’effet inverse s’observe également : la mise à disposition d’une eau embouteillée agréable à boire s’accompagne de l’ingestion d’un volume significativement accru. Cette plus forte propension à s’hydrater quand on dispose d’un liquide « palatable » constitue l’une des raisons pour lesquelles le consommateur se tourne de plus en plus vers les eaux embouteillées.

 

Un bon apport de magnésium, mais du calcium et du fer très mal assimilés.

Or ce sont surtout les eaux dites « minérales » qui bénéficient de ce courant. Rappelons qu’elles constituent avant tout l’élément de base d’une cure dans le cadre de laquelle on les prescrit. Leur teneur en minéraux ou oligo-éléments peut forte­ment varier d’une variété à l’autre, et faire de certaines d’entre elles des complé­ments nutritionnels très intéressants. Leur ingestion peut répondre au souci de pré­venir certains déficits. Mais en pratique, on doit tenir compte de la réalité d’une assimilation très peu efficiente. Certes, le magnésium contenu à haute dose dans cer­taines eaux comme Contrex, Vittel, Hépar ou Badoit fait effectivement l’objet d’une bonne rétention, et peut en améliorer l’apport global dans notre ration. Mais il en va différemment du calcium et plus encore du fer : les eaux qui en fournissent le plus en délivrent 1 mg/l, ce qui constitue une teneur nettement en deçà de ce qu’apportent des denrées comme le foie, le boudin, les fruits de mer ou le bœuf. En outre, la forme chimique sous laquelle ce fer se trouve est peu assimilable. On ne prévient ni ne cor­rige une carence en fer avec des eaux minérales ferrugineuses.

 

Les eaux gazeuses bicarbonatées ou dures

Les eaux bicarbonatées présentent en théorie un réel intérêt physiologique pour les sportifs. En récupération, leur caractère alcalin permet de neutraliser l’acide formé à l’effort. ce qui permet d’accélérer la restauration de l’équilibre. Attention cependant : La richesse minérale  de certaines marques,  et en particulier leur forte teneur en magnésium, peut exercer un effet laxatif préjudiciable. L’ingestion d’eaux dures par un individu déshydrate, et dont les intestins sont très peu irrigués, peut favoriser la survenue de troubles digestifs. On recommande donc d’en consommer peu à la fois mais souvent. Si on figure parmi les individus dotés de boyaux sensibles, on privi­légiera dans un premier temps les eaux plates, l’ingestion de boissons gazeuses bicarbonatées (Vichy. Vals, I.e Boulou, Badoit. .. ) survenant seulement dans un second temps.

 

Changer d’eaux minérales… mais aussi s’en  passer !

Notons encore qu’on met également fréquemment en avant la valeur thérapeutique supposée de certaines eaux minérales pour en justifier la prescription, de la même façon qu’on préconise une cure thermale. A l’inverse, certains écrits donnent à pen­ser que l’ingestion chronique de certaines d’entre elles, en l’absence de toute patho­logie, pourrait à la longue occasionner des perturbations physiologiques. Qu’en est-il précisément ? Même si aucune preuve scientifique n’en atteste vraiment, on décon­seille de faire trop souvent appel aux mêmes eaux minérales. En d’autres termes, si l’eau du robinet dont vous disposez chez vous est potable et agréable, vous pouvez faire l’économie de l’achat d’eaux embouteillé, et vous ne vous en porterez pas plus mal. Les seules situations qui peuvent en justifier l’emploi sont la récupération, la carence en magnésium ou certaines pathologies métaboliques justiciables d’une cure.

 

Tiré du livre "L'alimentation du sportif en 80 questions", Éditions Vigot.

 

Accueil Remonter         Page modifiée le Wednesday 31 March 2004