On exige maintenant dans le football de haut niveau un bagage technique
très élevé et quand les adolescents entrent dans les centres de préparation,
ils ont presque tous cette souplesse exigée pour accomplir les principaux
gestes de ce sport. Mais avec le travail incessant, la musculation,
les chocs répétés, de l’usure prématurée et peut être des assouplissements
mal faits, cette souplesse diminue et la performance du geste aussi,
on devient moins précis moins puissant…
L’assouplissement
S.G.A et la frappe de balle
A- La
frappe de balle ou de batte
B- Quatre grands groupes
En S.G.A : Il faut équilibrer les tensions entre ces quatre grands
groupes musculaires, la souplesse d’un groupe facilitera le
travail en force et en précision du groupe antagoniste en sachant que
l’antagonisme pur n’existe pas. Si les ischios jambiers sont
raides, le quadriceps devra exercer une force active pour le besoin du
mouvement mais aussi pour lutter contre le frein postérieur qu’exercent
ces ischios. Si un seul des ischios jambiers est raide, par exemple le
biceps fémoral, le quadriceps mobilisera beaucoup plus le faisceau vaste
externe pour compenser la petite composante de rotation interne du genou
due à la tension du biceps.
B1-SGA
et les adducteurs
B2-SGA et muscles antérieurs de la cuisse
B3-SGA et muscles externes de la hanche
B4-SGA et les Ischios jambiers
-
Leur biomécanique Les statistiques ont prouvé que la blessure des ischios-jambiers
se trouve en tête des désordres musculaires du footballeur. Pourquoi ?
En fin de frappe, les ischios viennent freiner le mouvement d’extension
du genou sinon votre jambe avec la force et la vitesse dépasserait les
limites naturelles de l’extension, vous risqueriez une entorse du
genou à chaque frappe. Ce freinage se fait en excentrique comme le bras
qui perd son combat dans le « bras de fer », or dans beaucoup de programmes
de musculation les ischios sont musclés en concentrique c’est sûrement
l’explication de toutes ces blessures. La deuxième raison qui explique
ces blessures provient de l’étirement analytique de ces muscles
essentiellement dans une seule des physiologies, les deux autres physiologies(
les rotations et l’abduction adduction ) sont souvent négligées
voir même oubliées.
- Compensation d’une
raideur d’ischios jambiers
Il est aisé, pour un kiné de détecter une raideur de ces muscles en analysant
la frappe du joueur sur le terrain ; classiquement on retrouve trois grands
types de compensations
N1
Le membre inférieur va moins loin dans son élan, cette possibilité est
assez rare et prédit un incident musculaire proche dans le temps.
La puissance de cette frappe est plus faible.
N2
Le membre d’appui fléchit beaucoup trop et le corps aura tendance
à s’enrouler vers l’avant ; le joueur donnera l’impression
d’être un peu figé, un peu trop stable sur ses bases.
Par son jeu en demi-flexion, le footballeur a déjà un peu cette attitude,
elle se renforcera et pourra à long terme dérégler la mécanique du
genou.
N3
L’extension du genou du membre
qui frappe ne sera pas complète
Le jour ou le footballeur voudra utiliser ces derniers degrés d’extension
lors de l’exécution du dernier geste (pour un tacle ou une frappe),
il pourrait y avoir risque
d’élongation.
Il y a d’autres
possibilités de compenser ce manque de souplesse, le joueur combine souvent
le N2 et N3
-
Le SGA face aux étirements
classiques
Voici trois types d’exercice pour étirer classiquement vos ischios
jambiers.
L’étirement
classique N1 est incomplet, l’ischios appartient à
la chaîne postérieure, or il n’y a pas d’étirement ni du
triceps ni des spinaux en même temps donc l’étirement de l’ischio
gagné momentanément se perd:
- dans le triceps de la même jambe
- dans les spinaux par l’enroulement du dos
- dans l’autre jambe, par l’accentuation de la flexion du
genou
il n’y a pas de prise en compte de la respiration
les tricheries dans les autres physiologies (les rotations et adduction
du genou) ne sont pas prises en compte dans cet exercice si votre étirement
s’exerce que dans le plan antéro postérieur.
L’étirement classique N2
a
les mêmes défauts et les compensations sont plus prononcées
au niveau bassin et lombaire par les fessiers et les spinaux
L’iliaque ou bassin est complètement affaissé ou
en bascule arrière par la tension trop importante des ischios jambiers.
Il est impossible alors dans cette condition de verticaliser ou de redresser
l’iliaque par les muscles antérieurs de hanche et s’ils le
peuvent, ils ne tiendront que quelques secondes
L’étirement
classique N3 est plus logique que les deux autres mais quand vous
avez une raideur de mollet, vous allez inconsciemment reculer vos fesses
pour compenser cette tension. Ce défaut se retrouve beaucoup chez le footballeur,
si vous lui demandez de mettre le genou à l’aplomb de la cheville
en avançant les fesses, il va se retrouver sur la pointe des pieds, ses
talons décollent et il aura une impression de chute avant.
Donc : ---
il se perd au niveau des triceps par l’ouverture de l’angle
pied-tibia, les fesses reculent alors
la tricherie des spinaux est très importante, la colonne se dessine
par un creux lombaire postérieur, dorsal antérieur et cervical postérieur,
la seule façon d’étirer un creux est de se rapprocher le plus possible
de la ligne droite formée entre les deux bouts ( il faudra donc se rapprocher
le plus d’un dos plat )
il manque la notion d’étirement actif sur la chaîne postérieure
Malgré tout il y a toujours un ressenti d’étirement dans l’arrière
de la cuisse dans ce type d’exercice mais le résultat à long terme
est négatif dans l’ensemble de la chaîne dans la quelle appartient
le muscle et souvent on ne fait qu’accentuer les compensations à
distance.
Extraits du livre
"Le strecthing global actif au service du geste sportif"de
Norbert
GRAU.